ÉDITO: ENTRÉE SUD DE LA CAPITALE D'HAÏTI, LIEU DE TOUS LES MAUX DANS LE SILENCE DES AUTORITÉS.
La chanson est connue de tous, le refrain est sur toutes les lèvres. Cet espace, liant les départements du Sud, du Sud-est, de la Grande-Anse et des Nippes à celui de l'Ouest, donne la peur au ventre.
C'est un lieu d'affrontements, de vols, de pillages, d'assassinats... Là, le nombre des blessés ne cesse d'augmenter, les morts se multiplient.
Dans une extrémité, la « Gran Ravin desann, debòde lè lidel dil ak pwòp Ti Lapli l» soit pour affronter les gangs rivaux tout en dévalisant les gens, soit pour s'ériger en Robin des Bois. Dans l'autre, le Village de Dieu fait exactement pareil. Entre les deux se situe le fameux VAR renfermant plusieurs quartiers dont les noms pourront nous induire en erreur.
Citons: la Cité de L'Éternel, la Cité de Dieu, le Village de Dieu. On pourrait croire que la zone est habitée par des chrétiens, des saints, des anges et par Dieu lui même. Pourtant, ce sont les civils armés qui dictent leurs lois, jouent en spectacles, offrent des concerts de tirs sporadiques, «ki fè viktim tanzantan ».
La Police Nationale d'Haïti ( PNH ),sous-équipée, est dépassée par les événements. Le commissariat de Martissant, si haut, si grand, si beau, si bien placé, «jis la kòm po flè paske l pa anpeche anyen vre».
Les autorités étatiques, trop occupées à ne rien faire, ne proposent aucune solution en vue de cesser le bain de sang. Elles ne font que déplorer et constater les dégâts causés par les gangs armés.
Les jours passent, les mois s'écoulent, la situation perdure.
Les gens, qui ont la possibilté de franchir ce "Carrefour de la Mort", se considèrent comme des véritables survivants contrairement à d'autres qui, de leurs côtés, sont assassinés, mutilés, brûlés vifs dans le grand silence de L'État.

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